C'est une visite qui débute dans le massif des Alpilles,
précisement dans le village des Baux de Provence. Véritable
nid d'aigle, le rocher des Baux, avec les ruines de son château et son village
aux ruelles pentues, est un site grandiose suspendu entre ciel et terre.
Sur
la route d'Avignon, la forteresse de Tarascon nous permettra
de découvrir l'histoire d'un roi mécène et poète,
le roi René ainsi que le Palais de Barbentane,
l'une des plus élégantes demeures de Provence qui lui a valu son surnom de "Petit
Trianon du Soleil".
Enfin, immense et majestueux,
le Palais des Papes, qui se dresse au coeur de la merveilleuse
cité d'Avignon, constituera le moment fort de la visite.
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Les
Baux de Provence
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Les Baux, c'est tout d'abord un site magnifique, époustouflant
de beauté, où la nature, sur ce flanc sud des Alpilles, révèle ses incroyables
pouvoirs. Sur un ciel à l'éclatante luminosité, déchiquetées par les vents ou
adoucies par l'érosion, les roches nues éblouies de soleil éclaboussent de leur
blancheur le maquis verdoyant.
Surgi d'une mystérieuse
poussée, adoptant la forme d'un vaisseau, un long et étroit plateau de calcaire
ceinturé de falaises déchirées accueille le village qui étire du nord au sud ses
ruelles étroites bordées de belles maisons Renaissance et de somptueux hôtels
particuliers, qu'empruntent tout au long de l'année des hordes de touristes, attirés
par le passé prestigieux de la cité et de son château, et fascinés par le panorama
unique et grandiose qui se déploie au pied de cet éperon rocheux.
De tout temps convoitée, cette place imprenable,
véritable forteresse naturelle devient, dès le X ème siècle, le fief et
le repaire des puissants et orgueilleux seigneurs des Baux, si imbus de leur bravoure
et de leurs origines qu'ils prétendent descendre de Balthazar, ce roi mage guidé
par sa bonne étoile jusqu'à Jésus.
Ce site magique
et protégé, l'un des plus visités de France, vous fait découvrir le plus beau
panorama qui soit ! 360° de paysages fascinants !
Reconnaissable entre tous,
le château de Tarascon, superbe de fierté, s'apprécie d'abord de loin et, si aujourd'hui
on franchit le fleuve, ce n'est plus en ennemi mais en admirateur de cette colossale
forteresse que firent élever pour défendre leurs possessions les comtes de Provence.
De l'autre côté du Rhône, au royaume de France, Beaucaire, voisine et rivale,
surveillait les travaux. Il faut attendre le règne du roi René pour voir s'achever
l'ouvrage aux environs de 1479.
Le
"bon roi René" qui tente avant tout de reconquérir le royaume de Naples, va s'attacher
à la Provence et faire de Tarascon son château favori. Politique malheureux mais
homme de culture, peintre et poète, il s'entoure d'artistes et marque d'une empreinte
raffinée la robuste citadelle. Il a la passion des fêtes, des chasses et des tournois,
et sa cour est l'une des plus brillantes d'Europe.
C'est
lui qui instaure les réjouissances populaires de la Tarasque, monstre marin terrassé
par sainte Marthe. A sa mort en 1480, son neveu Charles IV du Maine ne lui succède
qu'une année et Tarascon entre, ainsi que la Provence, au royaume de Louis XI.
Si
les bombardes et les canons ont aujourd'hui déserté les terrasses, celles-ci offrent
un panorama remarquable sur la plaine d'Arles, les Alpilles et Beaucaire.
A la lisière du bourg de Barbentane, cher à Daudet et Mistral,
le château de Barbentane, infiniment séduisant et raffiné, transpose sous le ciel
provençal le style classique d'Ile-de-France, qui lui a dicté son architecture
noble et dépouillée, et les fastes de l'Italie, à laquelle il doit la somptuosité
de ses décors intérieurs. Alliance réussie qui en fait l'une des plus élégantes
demeures de Provence et lui a valu son surnom de "Petit Trianon du Soleil".
C'est
Paul-François de Barbentane, s'inspirant des plans établis dès 1654 par son défunt
père, qui va entreprendre dans la seconde moitié du XVII ème siècle
la réalisation d'une somptueuse bâtisse répondant aux critères de l'architecture
classique en vigueur sous le règne de Louis XIV.
Pour
la réalisation de ce vaste projet, celui que Madame de Sévigné surnomme "le brave
Barbentane", fait appel à des architectes influents et réputés, tels Mignard ou
Franque. Une étude récente attribue toutefois l'œuvre à l'architecte Louis-François
de Valfenière.
Mais c'est au XVIII ème siècle
que Barbentane va prendre son visage définitif et acquérir sa vraie personnalité.
Son propriétaire est Joseph Pierre Balthazar, petit-fils du constructeur. En 1768
Louis XV le nomme ambassadeur auprès du duc de Toscane, Léopold d'Autriche, qui
deviendra empereur en 1790. Cette fonction lui fait découvrir les fastes des palais
florentins et l'incite à transformer son château provençal. Prenant modèle sur
ces demeures qui l'ont tant charmé, il va offrir à Barbentane de nouveaux aménagements
et une décoration somptueuse qui emprunte à l'Italie toutes ses séductions !
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À l'aube du XIV ème siècle, l'Italie, en pleine crise
politique, traverse une période de grand trouble. À Rome, la sécurité de la papauté
est devenue précaire, des menaces pèsent sur la vie du Pontife, rendant nécessaire
le choix d'une autre résidence. Ces événements sont aggravés par les dissensions
qui existent entre le pape Boniface VIII et Philippe IV le Bel.
L'élection en 1305 d'un prélat français, fidèle sujet du roi, va marquer l'apaisement
entre le Saint-Siège et le royaume. Ayant coiffé la tiare à Lyon, le nouveau pape
décide, sous la pression du souverain, de demeurer en France. Celui qui sera le
premier pape d'Avignon, va régner sous le nom de Clément V. Il fait une entrée
solennelle dans la cité le 9 mars 1309.
Clément V
loge dans le couvent des Dominicains mais considère Avignon comme une résidence
temporaire où il ne demeure que par intermittence. En 1316, son successeur Jean
XXII, s'installe dans l'ancien palais épiscopal proche de la cathédrale Notre-Dame
des Doms. II va gouverner jusqu'à son décès survenu en 1334, se contentant d'agrandir
et de remanier sa résidence afin de l'adapter aux nécessités de ses nouvelles
attributions.
De provisoire, la résidence des papes
en Avignon devient permanente avec l'élection de Benoît XII en 1334. Celui-ci
fait démolir l'ancien palais et entreprend la construction d'une vaste forteresse
propice à la prière et mettant en oeuvre tous les moyens de défense de l'époque
: c'est le "Palais Vieux" dont l'architecture sobre et austère est à l'image de
son commanditaire, ancien moine Cistercien d'origine modeste, élevé dans le mépris
du luxe.
En 1343 monte sur le trône de Saint Pierre
un aristocrate, archevêque de Rouen et ancien Chancelier au royaume de France.
Désireux d'installer la papauté dans des murs dignes d'elle, Clément VI, confie
à l'architecte parisien Jean de Louvres, la construction du "Palais Neuf" prolongeant
le Palais Vieux de Benoît XII. Mais toutes ces dépenses ruinèrent le trésor apostolique.
Innocent VI et Urbain V, ennemis du luxe et des abus, se contentèrent de terminer
les travaux entrepris par leur prédécesseur et d'embellir les jardins.
En
1417, le nouveau pontife élu par l'ensemble de la Chrétienté, Martin V qui siégera
à Rome. Les légats pontificaux firent du palais leur résidence jusqu'à la Révolution.
Livré au pillage, le gigantesque monument se dégrade puis sert de caserne et de
prison avant d'être cédé à la ville en 1810, mais il faudra attendre le XX ème
siècle pour que soit entrepris la restauration.
Haut
lieu historique, culturel et touristique, le Palais des Papes (Classé Patrimoine
mondial par l'UNESCO), après avoir traversé les siècles avec superbe, jouit d'une
notoriété universelle et n'en finit pas d'étonner, par ses proportions, la splendeur
et la complexité de son architecture, les visiteurs du monde entier.